Résidence à Hénin-Beaumont

De janvier à mai 2017, Claire Audhuy était en résidence-mission sur le territoire d’Hénin-Carvin dans le Nord Pas-de-Calais ; l’occasion d’y mener des projets plein de fraternité sur l’exil et l’hospitalité.
Après cette incroyable aventure, Claire Audhuy a publié la pièce 120 jours à Hénin-Beaumont
et l’album-jeunesse Un nôtre pays.
Un journal télévisé local ILTV, la télé au cœur du bassin minier, a aussi réalisé un article cette fois-ci sur la pièce “Un notre pays”, joué par des élèves de CE2 : Le CLEA en représentation à Montigny-en-Gohelle.

Les créations de la résidence

D’où on vient

Pièce documentaire D’où on vient écrite et jouée avec des lycéens d’Hénin-Beaumont qui découvrent leurs racines familiales et les exils de leurs arrière grands-parents arrivés ici pour rejoindre les mines. Polonais, Russe, Belge, Espagnol, Vietnamien venus, récemment ou il y a quelques générations, travailler et vivre dans le Nord. “Mais m’dame, alors on est tous des migrants en fait !?”

Un homme debout

Pièce docu-fiction autour de Pierre Rolinet, résistant déporté au Struthof : Un homme debout, comme une invitation à rester droit. A l’hiver de sa vie, il nous confie ses souvenirs et ses photographies personnelles. On découvre, ému, l’itinéraire extraordinaire d’un jeune homme ordinaire. Elle est écrite avec des élèves de 1ère parce que l’hier nous aide à comprendre notre monde d’aujourdhui, à y voir plus clair et à en apercevoir les dérives pour pouvoir réagir.

Bienvenue à Hénin-Beaumont

Pièce documentaire jouée par les élèves primo-arrivants d’Hénin-Beaumont et leurs camarades français. Omar est un migrant et habite Hénin-Beaumont, “la ville sans migrants”. C’est aussi le cas de ses camarades de classe qui nous racontent leur parcours de vie. Bienvenue à Hénin-Beaumont a amené des élèves français et des jeunes migrants à se rencontrer et à partager leurs expériences et quotidiens de façon bouleversante. Lors de cette rencontre les collégiens français ont dessiné les portraits de leurs camarades venus d’ailleurs. Ces portraits ont accompagnés les élèves sur scène lors des représentations.

“J’habite à Hénin-Beaumont
et pourtant je suis migrant”
(Omar, élève primo-arrivant à Hénin-Beaumont)

Au pays des terrils

Cette carte blanche à l’initiation au théâtre documentaire pour des élèves de 1ère S aura été l’occasion pour moi de partager mes méthodes de travail d’écrivain du réel. J’ai initié cet atelier par la rédaction d’un questionnaire permettant en quelques réponses de me dresser une cartographie personnelle de chacun. Avec ces premières informations, apparaissaient donc les personnes ressources qui leur étaient proches et qui allaient pouvoir devenir leur témoin. J’ai ensuite invité les participants à mener des entretiens auprès de ces personnes et à les retranscrire le plus fidèlement possible, en notant l’intégralité de la discussion mais aussi les tics de langage, les détails vestimentaires, les attitudes physiques… autant de détails qui allaient les aider ensuite à prendre le relais de leur témoin et à porter sa parole sur scène. C’est donc un foisonnement de voix qui s’offre à nous dans cette pièce documentaire : ouvriers, anciens mineurs, immigrés fraîchement arrivés ou pleinement intégrés, mères au foyer. Autant de portraits de ceux qui vivent au pays des terrils et que l’on n’a pas l’habitude d’entendre.


Claire Audhuy, auteure en résidence.

Un nôtre pays

Un nôtre pays est une pièce que j’ai imaginée pour les jeunes enfants, afin d’évoquer avec eux ce sujet si douloureux des réfugiés. Ils en entendent déjà parler autour d’eux : dans la cour de récréation, aux informations, dans les journaux, à la maison. Avec « P’tit bonhomme «
et « Maman-coquelicot “, ils ont désormais en tête le parcours d’un réfugié : ce qu’il perd en quittant chez lui, les raisons qui le poussent à tout abandonner, le chemin long, dangereux et incertain, et aussi les attentes et les peurs à l’arrivée dans cet autre pays. Le personnage de p’tit bonhomme permet de rendre humain ce sujet de société qui fait si peur. Ils s’identifient facilement à lui et lui prêtent volontiers une oreille attentive mais aussi leurs voix et leurs mains pour jouer la pièce. C’est ainsi qu’ils se mettent à sa place le temps d’une saynète et qu’ils perçoivent le monde avec les yeux d’un réfugié. Ils éprouvent de la compassion, observent, analysent et démarrent ainsi le processus de compréhension de notre monde et d’acceptation de l’autre.


Claire Audhuy, auteure en résidence.

Une exposition de cartes postales du front lors de la Grande Guerre imaginées et écrites par des élèves de CM2, À travers les lignes et une lecture publique de la pièce documentaire Pas de chips au paradis faisaient également partie du programme. La journée s’est conclue sur un moment partagé appelé “Apéro et surprises” où il était également possible d’assister à une rétrospective des quelques mois de Claire Audhuy à Hénin-Beaumont sous la forme d’un stand-up drôle et documentaire 120 jours à Hénin-Beaumont.

“Tu m’avais dit Hénin-Beaumont
et je suis venue à Hénin-Beaumont.
[…]
J’ai aimé Hénin-Beaumont
parce que je l’ai vu.”
(Claire Audhuy)

Découvrez ici des extraits de la pièce montée par Claire avec les élèves primo-arrivants de Hénin-Beaumont :

“Bienvenue à Hénin-Beaumont” : un message de tolérance et d’humanité 

En regardant, Claire Audhuy de Stéphane Querrec

Les prix

Prix Dutriez

Émotions pour la remise du prix Véronique Dutriez à Claire Audhuy et Baptiste Cogitore. Le collectif Rodéo d’âme a été récompensé pour son engagement à travers son travail documentaire durant les 13 dernières années. Leur prochain projet autour de la pièce On a besoin d’un fantôme et leur dernière résidence marquante à Hénin-Beaumont illustrent bien leur engagement à travers le travail de mémoire et la sensibilisation des plus jeunes face au monde passé et présent.

“Inclure l’autre dans l’humanité, même si c’est un bourreau. Je prie chaque jour pour l’assassin de ma femme, Véronique Dutriez, partie il y a 12 ans et dont je poursuis l’engagement à travers ce prix. Chaque homme est mon frère.”
(Georges Federmann)